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J’ai été managé par un Robot Manager…

Dilbert en tous cas l’a été et apparemment, ça a plutôt bien fonctionné selon Scott Adams.

ava500Callout

Le robot Manager est là…

La société iRobot rend la chose possible. Dans cette video promotionnelle, vous apprendrez comment programmer votre robot manager pour aller à la rencontre de vos collaborateurs.

Est-ce un rêve ou un cauchemar ?

Peut-être ni l’un ni l’autre. Isaac Getz dans son ouvrage « Liberté & Cie » annonce la fin des Liberté & CieManagers. Ils représentent l’ultime survivance du XXe siècle et de Taylor. Déjà chez Probionov (12 millions €, 85 personnes), plus de comité de direction, plus de manager, plus de contrôle ni de service contrôle, mais des maïeuticiens appelés des accoucheurs.

De petites équipes autonomes – 15 personnes chez Groupe Hervé (2850 personnes, 475 Millions €) ou 150 personnes maximum par unité chez Gore (W.L. Gore Associates 3 Milliards $). Plus de direction financière, plus de direction juridique, plus d’organigramme, plus de collaborateurs mais des associés ou des intrapreneurs, plus de boss mais des sponsors, voilà de quoi étonner et détonner. Surtout avec des résultats exceptionnels à la clé.

Toute l’organisation est tournée vers le client et vers ceux qui produisent le service ou le produit. Déjà Jan Carlzon (Renversons la pyramide) le disait au siècle dernier : « Si vous n’êtes pas directement au service des clients, vous avez intérêt à être au service de quelqu’un qui y est ».

Nobody seems to care…

Nobody seems to care…

Alors le Robot Manager, déjà obsolète avant d’être au point ?

 

Robot manager

Le Manager chef d’orchestre ? un bel oxymore…

Cette métaphore du manager chef d’orchestre, vous l’avez souvent entendue. Si quelque chose vous chatouille à ce propos, j’apporte du poil à gratter.

Ayant eu la chance d’assister à un concert symphonique dans un ancien grand séminaire d’une petite ville, j’ai pu observer le fonctionnement de cette PME d’une cinquantaine de personnes Orchestre1en étant pratiquement au coude à coude avec la troisième rangée de violons. Instrumentistes majoritairement féminins chez les violons et les bois, majoritairement masculins chez les autres cordes, cuivres et percussions. Les femmes au pipeau et les hommes à la grosse caisse, métaphore quand tu nous tiens.
Après la session toujours rigolote d’accordage des violons, ça commence fort. Le chef d’orchestre entre en scène, salue uniquement le premier violon et ignore superbement tous les autres musiciens; quel mépris. Je vous déconseille formellement ce comportement dans votre entreprise.

Puis la neuvième symphonie de Schubert commence. Belle allure, le chef avec sa baguette et ses mouvements parfois amples, parfois réduits, parfois énergiques, parfois Orchestre2doux.

Il lance des œillades aux violons, mais personne ne le regarde car chacun est attentionné à sa partition. De fait, presque personne ne le regarde; jamais. Et pourtant il mouline et s’exprime haut. Son seul vrai job consiste à tourner plus de pages que ses musiciens, car sa partition contient toutes les partitions et compte beaucoup plus de feuillets.
partitionLes musiciens eux, tournent leur page par sous-groupe, les violons, les violoncelles et contrebasses, les cuivres, les clarinettes, hautbois et bassons, etc… Bien vu, car si tout le monde tournait ses pages au même moment, la musique s’arrêterait dans un grand froissement de papier.
Au sein de l’orchestre, la communication est réduite. Aucune parole n’est tolérée, que du non verbal. Quelques œillades, des haussements de sourcils, des rictus et des sourires.Antoine de Padoue

Pourtant, il y a de la vie en plus de la musique. Un violon pousse ostensiblement le pupitre de la rangée de derrière, obligeant le collègue à repousser le dit pupitre avec son pied pour le ramener à sa position souhaitée. On s’amuse comme on peut.
Une femme jouant de l’alto lance des œillades au jeune violoncelliste, qui l’ignore superbement, absorbé par le magnifique vitrail de St Antoine de Padoue.
Le second cor se réjouit de l’attaque manquée du cor soliste. On a les petites vengeances qu’on peut.
pupitreSoudain, le pupitre mal verrouillé du chef, s’effondre de 20 cm.
La première rangée de violons pouffe et se reprend très vite. Le chef réajuste ses lunettes, car à cette distance il n’y voit plus guère. Tant pis, il connaît la musique.
Un moment plus tard, c’est l’estrade du chef qui se révèle être bancale. Le chef balance son corps de droite à gauche et réalise qu’il peut lui aussi faire de la musique ou plutôt du bruit ce qui le ravit un court instant. Les violons rigolent franchement cette fois.
C’est maintenant la pause. Le régisseur vient remonter le pupitre et mettre une cale sous l’estrade. L’orchestre tape des pieds en signe de reconnaissance. C’est le seul moment où ils jouent comme des pieds.
En deuxième partie, une excellente soprano vient chanter les Wesendonck lieders de Wagner. Positionnée en avant-scène, elle se situe dans le dos du chef d’orchestre. Même punition; celui-ci se retourne de temps en temps, l’air de lui dire “c’est à vous”. La soprano l’ignore superbement car elle ne le voit pas, inspirée seulement par son chant.

Résumons-nous : le chef d’orchestre ne salue qu’une personne, n’a aucune influence sur ses collaborateurs, sa seule utilité est pour démarrer le mouvement et pour le conclure, il est en situation bancale, aucune communication entre collaborateurs n’est autorisée, chacun fait son truc et à la fin c’est le chef qui reçoit tous les honneurs.
Si votre entreprise est dirigée par un tel Manager…